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Disparition
forcée de personnes et violence d'Etat.
Reflexions anthropologiques et psychanalytiques à partir de la
figure d'Antigone.
Muriel
GILBERT, Dr Psychology, University of Lausanne, Institute of Psychology,
1015 CH-Lausanne.
A l'origine de traumatismes collectifs qui se comptent, désormais,
à très large échelle, la disparition forcée
de personnes constitue une grave atteinte des droits de l'homme. Malheureusement
si répandu de nos jours, ce fléau cruel et barbare est un
instrument privilégié de la violence d'Etat. Je voudrais
questionner le motif de la sépulture, - et son revers, l'absence
de sépulture, tel qu'il est figuré dans l'Antigone de Sophocle
- pour tenter de penser la disparition forcée à partir du
cadre psychanalytique, d'une part, et anthropologique, d'autre part. En
sacrifiant sa vie pour rendre à son frère Polynice les honneurs
funèbres dont il a été privé, Antigone rappelle,
entre autres, que l'avènement des sépultures organisées
et des rites funéraires consacrés à la dépouille
du défunt marquent une étape cruciale dans l'hominisation.
En effet, codifiés, ces gestes rituels témoignent de la
capacité à symboliser la mort, ce qui constitue un signe
distinctif de l'homme par rapport à l'animal. De par la médiation
symbolique qu'ils opèrent, les rites funéraires permettent
par ailleurs d'inaugurer un temps de deuil où les vivants se pensent
à proximité des morts. Le motif de la sépulture constituerait-il
en ce sens un paradigme symbolique privilégié pour penser
le lien social dans le champ de l'anthropologie psychanalytique contemporaine
? Notre réflexion vise entre autres à faire face à
la menace - barbare - de destituer l'ordre symbolique dans nos sociétés
contemporaines.
MOTS
-CLES : PSYCHOLOGIE, PSYCHANALYSE, ANTHROPOLOGIE, ANTIGONE, DEVOIR DE
SEPULTURE, INTERDIT DE L'INCESTE, LIEN SOCIAL, TRAUMATISME COLLECTIF.
KEY-WORDS: PSYCHOLOGY, PSYCHO-ANALYSIS, ANTHROPOLOGY, ANTIGONE, FUNERARY
DUTY, INCEST TABOO, SOCIAL SUPPORT, COLLECTIVE TRAUMA.
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