work with victims of torture
and organised violence
 
 

Workshop III: Mémoire et recherche : A la recherche du temps volé

E. Bravo et A. Gautier

Tout État qui abuse de son pouvoir veut l'oubli, sans pouvoir l'obtenir. Il obtient tout au plus le refoulement ou l'enkystement des traces mnésiques qui puissent mettre son agir en question. C'est ce que Mario Erdheim a appelé la production sociétale d'inconscient.

Le travail que nous voulons présenter traite d'une recherche de terrain participative et interactive sur les séquelles de la torture et la violence d'État en Bolivie. En contre-point aux recherches médico-psychiatriques et ahistoriques orientées sur les pathologies, notre approche s'est intéressée à la répression vécue et aux réponses données par les personnes affectés. Elle a incorporé le traumatisme à l'histoire individuelle et sociale. Elle a cherché à concilier l'approche statistique quantitative, l'analyse qualitative et la récupération de la mémoire sociale. Elle est un acte de une mise en évidence, de rendre manifeste une soufrance cachée, latente.

La recherche a débuté avec un échantillon de 70 personnes de la ville (La Paz) et de la campagne (Haut-Plateau bolivien) victimes de la torture et de la violence d'État depuis les années 50.

Dans l'atelier, nous voulons présenter les raisons de la recherche, les hypothèses de travail, la conception du questionnaire, comment les interviewers ont été préparés (problématique et méthodologie interculturelle), les rapports conflictuels de l'équipe d'interviewers de 2 cultures différentes, la compréhension du vécu des interviewers confronté au récit biographique des interviewés et les résultats obtenus.

La recherche a bénéficié de l'instrument psychanalytique à tous les niveaux ci-mentionnés.

 


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last modified: 2002-04-22